Le Manifeste du Naturisme Chrétien



Après bien des réfléxions et des difficultées, je vous livre mon Manifeste du naturisme chrétien. Vous pouvez en outre le télécharger.

L’'Homme

Avant de commencer, il est pour moi important de dire un mot sur la place que prend l’'Homme dans ma foi. Il est au cœoeur du problème. Le récit de la genèse, où l’'on voit naître l'’Homme et la nature, est un récit de tout premier choix pour moi, et j’'y ferais de nombreuses références.

La religion de l’'Homme
Si je prends le récit de la genèse, j’'y trouve bien sûr la création de l’'Homme. Il nous est dit qu’'il est à l’'image de Dieu. Dès le début, l’'Homme est à part, et la religion chrétienne n’'est pas la religion des choses, mais la religion des Hommes. La bible raconte d'ailleurs une histoire entre Dieu et les hommes.

La double nature de l’'Homme
L’'un des point les plus important du récit de la genèse est celui qui dit que « Dieu nous a crée à son image ». L'’Homme appartient ainsi à la fois au monde matériel et au monde transcendantal. Nous somme à la fois pleinement âme et pleinement corps. C'’est ce que j'’appelle la double nature de l’'Homme.

Ne pas séparer Corps et Âme
Il a souvent été tenté de séparer les deux. Les Cathares, par exemple, considérait que l’'âme était de nature divine, et leur corps (ainsi que le monde matériel) diabolique. Cela leur permettaient d’'ailleurs de faire n'’importe quoi en mettant tout sur le compte du pauvre corps, qui, de toute façon, était quelque chose d’'horrible, un fardeau a porter qui conduisait inéluctablement au péché ! Pour moi, les deux aspects de l’'Homme sont indissociables. On peut certes considérer l’'une ou l’'autre de ces parties, mais jamais les séparer.

Jésus, Dieu fait chair
Quand Dieu vient sur Terre pour sauver l’'Humanité, il « prend chair et se fait Homme » (Credo). Par là même, il montre bien le lien profond qui uni corps et esprit. Saint Paul nous dit dans une de ses lettres que notre corps est « le temple de Dieu ». Il n’'est donc en rien négligeable, et en prendre soin n'’est pas dénué de sens.

La résurrection de la chair
Le credo dit clairement « je crois en la résurrection de la chair ». Il ne s’'agit bien évidemment pas de retrouver dans l’'au-delà ses cellules, mais bien de dire que c’'est l’'Homme en entier, considérable sous une forme distincte et unique, qui ressuscite. C'’est ainsi que le respect du corps, valeur chère aux naturistes, est aussi une valeur chrétienne. C’'est la grande différence avec d'’autres religions, et pour moi le point fort du christianisme : Dieu est descendu pour se faire Homme, à pris chair (Credo) et à côtoyé sa création.

La nature et la création

Le premier problème du naturiste, c'’est de définir le naturel. Il est important dans cette démarche de se poser cette question. Et la réponse n’'est pas si simple

Définition heuristique du naturel
On pourrait par exemple prendre pour définition que c’'est ce qui n'’a pas été modifié par l’'homme. Mais dans ce cas, il faudrait retourner habiter dans des cavernes, pour ne même pas disposer du feu (fait par l’'homme). Il est évident, qu’'en plus d’'être trop réductrice, cette définition rendrait le naturisme impraticable. On se rend pourtant bien compte qu’'il y a une différence entre une maison en pins dans la forêt et une tour HLM dans une cité de banlieue ! Pourtant, l'’un comme l’'autre sont construit par l’'homme.

Définition conceptuelle du naturel
Le naturel ne doit donc pas être considéré comme une chose ou un ensemble de choses, mais plutôt comme un concept.

Définition théologique du naturel
En reprenant le récit de la genèse, on découvre que la nature est un cadeau fait à l’'Homme par Dieu pour qu'’il y vive et en profite. Il est donc naturel de transformer la nature à notre convenance. Ce qui n’'est pas naturel, par contre, c'’est de détourner de son but original cette ressource pour son profit personnel, et de la détruire, sans penser à Dieu. En effet l’'Homme n’'est pas seul. Il partage son environnement avec d’'autres, et de nouvelles générations viendront. Et je ne vois pas de quel droit il se permettrait d’'empêcher les autres de profiter de ce cadeau divin, d’'autant plus que l’'on est censé vivre tous ensemble comme des frères. L’'écologie, le développement durable, le respect de la nature sont donc pour moi (et je sais que je ne suis pas le seul à le penser) des valeurs chrétiennes.

L'’Homme naturel
Mais pour moi, le sens de naturel va bien plus loin que cela. Ne dit on pas en effet de telle ou telle personne qu'’elle est naturelle ? On entend par ici qu'’elle garde son caractère originel. Pour le croyant, l'’Homme est avant tout une créature de Dieu, crée par Dieu, à son image : c'’est sa nature. On en arrive ainsi à définir la nature comme étant la création divine. Ainsi, une personne naturelle est donc être une personne qui se considère avant tout comme fille de Dieu. C’'est d'’ailleurs ce qui devrait primer chez le chrétien. N'’est-il pas censé ne mettre sa confiance qu'’en Dieu, et par voie de conséquence qu'’en ce que Dieu considère comme important, c'est-à-dire l'’Humanité de chaque Homme. Le fait que l’'on est Homme, que l’'on a reçue la vie, est donc ce qui doit être considéré comme notre qualité la plus importante. Le retour à la nature devient donc une recherche de Dieu en nous.

L’'Homme naturel et l’'Homme social

Pour continuer, il me faut introduire le concept d’'homme social et d'’idolâtrie sociale. L'’homme social est celui qui vit en société. Il est éduqué, a des relations, une vie sociale, un niveau social, une certaine richesse, etc.

L’'« idolâtrie sociale »
Loin d'’être la simple adoration d'’un objet comme le veau d’'or, l’'idolâtrie consiste à mettre sa confiance ou de donner trop d'’importance à des choses ou des valeurs. L'’homme a souvent tendance à oublier sa première qualité de fils de Dieu et à attacher trop d'’importance à des valeurs qui n’'en sont pas.

L’'Homme naturel et l’'Homme social
Nous touchons ici au cœoeur du problème. Le fait est que l’'homme social qui est en nous a tendance à terrasser l'’Homme divin, naturel, qui est en nous. Nous avons tous tendance à juger les gens sur des critères sociaux : richesse, beauté, niveau d’'éducation, de culture, etc.

L’'exemple des marques
On peut ainsi citer un exemple frappant vu à la télévision. J’'ai vu une fois dans une émission un jeune pour qui seules les marques comptaient. En plus de dépenser un argent fou pour obtenir des vêtements signés par une marque célèbre, il ne jugeait les gens que sur la marque des leurs. Je ne sais ce qu'’il aurait pu dire d’'un naturiste !

Jugement social ou considération divine
Si l’'homme veut, comme il le devrait, revenir à sa nature originelle de fils de Dieu, il lui faut donc, –et Dieu sait si c'’est dur,– abandonner cette tendance à juger et revenir à la considération que nous sommes tous des enfants de Dieu, et par là que par notre simple qualité d’'Homme, nous sommes infiniment considérables et incomparables. Il est pour moi rassurant de pouvoir me considérer sans devoir m’'évaluer par rapport à des critères sociaux qui me jugeraient par rapport aux autres, me remettant sans cesse en compétition, au risque d’'être considéré comme un déchet au moindre changement de mode que je refuserais de suivre (mon exemple de tout à l’'heure laisse imaginer ce que cela pourrait donner).

Le masque social
Notre vraie nature est donc d'’être enfant de Dieu. Notre tendance à trop considérer les valeurs sociales passe donc par un masquage de notre vraie nature. Il convient donc de retirer se masque. Il s’'agit d’'être humble, de ne pas porter « de vêtements » d'’hypocrisie et d’'égoïsme.

Les vêtements

L'’importance des vêtements
Ils sont la représentation externe de sa richesse, de sa classe sociale, ou de son groupe. Ainsi, ils symbolisent la volonté de se classer par rapport aux autres, et montrent donc de manière inconsciente notre attachement trop important pour les « valeurs » sociales. Nous pourrions certes porter un uniforme, mais il prendrait vite une signification certaine (mets toi dans le rang, et qu’'aucune tête ne dépasse), et continuerait ainsi à nous montrer comme élément d'’une société. De plus, un masque a deux utilités : il cache quelque chose, et en montre une autre. Plus encore qu'’une vitrine, le vêtement est une sorte carapace qui, pour montrer l'’individu social, cache l’'Homme qui est derrière. Pour vraiment considérer l’'Homme pour ce qu'’il est, il faut retirer cette carapace, donc enlever ses vêtements.

La démarche de nudité
Quand on parle de nudité au sens général, on pense bien évidemment au fait de ne pas porter de vêtements, mais aussi à se montrer tel que l’'on est. N'’entend on pas d'’une personne qui se livre intimement qu’elle se met à nu ? Ces deux sens de la nudité ne font qu’'un si l’'on considère l'Homme comme étant à la fois corps et esprit. Il s’'agit là de faire tomber le masque social pour se retrouver tel que l’'on est originellement. En retirant mes vêtements, je ne fais pas que montrer mon corps. J’'entre dans une démarche de nudité, de volonté de me montrer tel que je suis, comme fils de Dieu, et non plus comme un « pion social ». Pour moi, il n'’existe donc qu’'une seule mise a nu, qui peut prendre plusieurs aspects. Le principe du naturisme est conjuguer intimement l’'aspect matériel et spirituel de la nudité.